Il n’est pas dans la nature humaine de qualité louable qui, par des nuances infinies, ne puisse dégénérer en une imperfection extrême.
Emmanuel Kantla revue
dimanche 15 avril 2007, par L.L.. de Mars
Enculer est une publication de l’association Chien. Ce premier numéro est un beau specimen de 80 pages, 20x25 cm, dos carré collé, composé sur des papiers cyclus, bouffant, satimat & jetprint couleur, avec une couverture finement canelée de 220 grammes/m2.
/// Abonnement pour 4 numéros : 34 euros. /// Abonnement de soutien pour 4 numéros : 44 euros. /// 9 euros l’exemplaire
frais de ports offerts.
Si vous voulez découvrir la maquette flamboyante de L.L. de Mars et avoir un avant-goût des textes de Ludovic Bablon (Kinski), Stéphane Batsal (Des mois avec des poussins), Joachim Clémence (Cahier des tâches) Antoine Hummel (Sakaryia Razi), L.L. de Mars (Les pelures de l’oignon), Oolong (Le livre d’e), Jean-Christophe Pagès (Top Secret), Jean-François Savang (Critique et tactique II) et des travaux plastiques de C. de Trogoff, Pierre Masseau, Pierre-Marie Shwabe & Jean-Michel Bertoyas, vous pouvez télécharger un fascicule arbitrairement composé des pages 7, 17, 22, 34, 45, 58, 63 & 76 ICI et rester sur votre faim en passant à côté de la plus excitante prospective éditoriale depuis un sacré putain de temps.

Pour la plupart des revues, le souci de profondeur commence et s’arrête avec le titre ; après le sommaire, ça commence déjà à déconner. On y compte sur le côté chinois pour y signifier à votre place, pour faire programme. Nous souhaitons exactement le contraire. Un titre que rien ne rattrape, aucun second degré, un truc qu’on pardonne à 17 ans mais qui fait tache à 40, qui provoque un sourire gêné et qui persuade les habitués du biotope littéraire qu’ils savent déjà à quoi ils ont affaire (et à qui), un titre qui sera un vrai problème pour un projet de cette nature (il ne le serait évidemment pas s’il s’agissait de créer un graphzine). Nous avons choisi « Enculer ». Plus exactement, pour le premier numéro « Enculer - Poésie ». Poésie en sous-titre. S’il y a un numéro deux, ce sera « Enculer - essais ». Puis « Enculer - Fiction ». Etc. Simple et beau comme l’éternité.
L’un d’entre nous pensait plutôt à « foutre », mais foutre, c’est déjà de la littérature (c’est-à dire de la pédagogie ou du patrimoine) et ça rejoint « bordel » dans les hauteurs paradoxales de certains souterrains ; « Enculer » n’est pas plus adéquat aux défouloirs rassurants d’une avant-garde rigolote et copine qu’à l’infecte couleur rose ou à l’odeur sucrée du temps qui passe ; d’une manière générale, dites-vous juste qu’« Enculer » n’est pas ce que vous croyez. Un Courbet caché sous un Masson en quelque sorte.
Nous considérons pour notre part ce titre comme une pierre de handicap pour jouer une partie plus excitante.
Un numéro sortira quand chacun aura fourni un ensemble de pages dont il est satisfait. Les auteurs sont invités à se lâcher sans réserve, emprunter des voies que d’autres supports rendent difficiles ou impensables. Le format est assez ample pour ne pas réduire l’espace graphique ou brimer les envies de maquettes extravagantes des rédacteurs. Nous avons appelé très peu de gens à participer, sans doute trop peu pour ce qu’on attend raisonnablement d’une équipe censée fonder une revue ; en fait, n’ayant aucune envie d’un comité de lecture (lire des conneries est très mauvais pour la santé), nous n’avons fait appel qu’à des auteurs par lesquels nous n’avons jamais été déçus. Tant pis pour nous s’ils commencent à être merdiques au moment précis où nous leur demandons quelque chose. Aucun texte n’y poussera toutefois la porte par négligence, lassitude, épuisement de notre part.
Une diffusion simple, principalement par abonnement, un tirage à 200 ex., voilà qui nous paraît amplement suffisant pour commencer. Il s’agit plus de nous créer un terrain de jeu excitant pour la pensée que de conquérir un monde d’hypothétiques lecteurs qui n’existent que dans les contes de fées de Borges. Une cathédrale où seuls les architectes vont prier ? En quelque sorte, mais les portes sont ouvertes.
Comme le précise le bulletin d’abonnement ci-joint, la revue est vendue par correspondance en envoyant un chèque de 9 (neuf) euros au siège de l’association Chien (19, rue de Quineleu, 35000 Rennes). Pour toute information supplémentaire, envoyez-nous un mail. revue.enculer[AROBASE]gmail[POINT]com
Voir en ligne : Une belle brochette d’Enculer
bon de commande et d’abonnement pour la revue Enculer